Sortie des archers sur la Loire

La Loire est le dernier fleuve sauvage de France. Elle accueille dès le mois d’avril, les oiseaux migrateurs transsahariens mais aussi des hippopotames, des crocodiles et des piranhas. La Loire a ses traditions, son savoir-faire, ses coutumes, son parler, contés avec gouaille et passion par Marcel, tout en tournant la manivelle de son orgue de barbarie. Bref, le musée ” Reflet Brionnais” scintille à Iguerande pour 4 petits sous.
Huit marcheuses et marcheurs partent de bon matin, pour une rando en boucle le long du canal puis dans l’arrière-pays Roannais.
Rendez-vous est donné avec la flotte pour le pique-nique à Iguerande.
Le brouillard rode sur les quais de Briennon annonçant au 13 …….. 13 !!! canoéistes, une jolie journée.
Je fais équipe avec Madeleine.
La mise à l’eau se passe bien.
Un léger courant nous porte doucement quand nous croisons l’African Queen, en route pour les grands lacs.
Puis le courant fraîchit. Nous abordons le premier rapide.
Les bateaux sont secoués en tous sens. Nous nous faufilons entre les rochers et les troncs d’arbres quand, nous sommes attaqués par une bande de saumons en furie. L’un d’eux arrache la perruque de Jean-Jacques. En se penchant pour la récupérer, Claude chavire entraînant Nicole par le fond. En voulant les éviter, Pierre et Jean-Claude – Yolande et Noël qui arrivent à toute vitesse fracassent leurs embarcations contre un gros castor qui bronzait sur un rocher et qui, furieux, donne de grands coups de queue dans la figure de Geneviève qui s’évanouit. Je lui pratique la bouche à bouche et comme je n’ai pas lavé mes ratiches depuis 15 jours, elle ouvre immédiatement les yeux.
Le courant faiblit.
Nous en profitons pour recoller les morceaux de canoës avec de la bave de crapaud et continuer notre route.
Lors d’une tentative d’esquimautage, Sabri, pas très aguerri, se retrouve bloqué sous son bateau. Comme il a mangé 312 kg d’escargots au petit déjeuner et 274,5 kg de cresson en raclant le fond du fleuve avec sa tête, à 12, nous avons du mal à le retourner et, sans l’aide de la grue des pompiers, nous n’y serions pas parvenus.
Nous arrivons à Iguerande pour un pic-nic très sobre.
Nous partageons les provisions : du pain de guerre, des fayots et des gâteaux secs ; tellement ffecs que ffa ffaut bien une petite tournée fffupplémentaire. Puis nous reprenons la mer pendant que les randonneurs se dirigent vers le musée ” Reflets Brionnais”.
Après une heure de galère, nous accostons pour faire une pause.
Pendant que l’on se désaltère, jaillit de la jungle, un énorme gorille !! Terrifiés mais courageux, nous poussons en avant Madeleine, notre championne du monde de karaté. Mais reconnaissant Alain (qu’il avait saisi à l’oreille l’année dernière), le quadrupède fait un signe de paix : ugh ! Alain avec ses petits poings, a appris durant ses longs mois de séquestration, le langage des gorilles ; boum ! badaboum ! boum, boum! Alain et lui s’étreignent longuement me faisant penser au ” secret des Brokeback Moutain « à la sauce Troisgros ».
Après ces effusions, nous repartons la larme à l’œil.
A quelques encablures de l’arrivée, la chasse au gibier d’eau étant ouverte et ne nous ayant pas reconnu, nous sommes pris nous le feu des chasseurs qui coulent deux de nos bateaux, faisant un gros trou dans le chapeau tout beau – tout neuf de Danièle.
En somme, nous avons passé une jolie p’tite journée bien tranquille, achevée autour d’un bon repas.

* Je dis bien vite, avant que mon nez ne touche l’écran de l’ordinateur, qu’évidemment …. tout est vrai.
Denis DUSS